Le Royal 22e Régiment pendant la Seconde Guerre mondiale (1ère partie)

Septembre 1939. L’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie débute. Cette agression militaire conduisit directement à la Seconde Guerre mondiale. Abandonnant finalement leur politique d’« apaisement », la Grande-Bretagne et la France promirent d’aider les Polonais et d’arrêter Hitler.

Mackenzie King, Premier ministre du Canada.

1939 : Le Canada en guerre

La déclaration de guerre de la Grande-Bretagne n’a pas automatiquement engagé le Canada, comme cela avait été le cas en 1914. Cependant, on n’a jamais vraiment douté de la réponse du Canada, à savoir que le gouvernement et la population soutenaient unanimement la Grande-Bretagne et la France. Le Canada déclara la guerre à l’Allemagne le 10 septembre 1939. Le Premier ministre Mackenzie King promit que seuls des volontaires serviraient outre-mer. C’était la première fois que le Canada déclarait en son propre nom la guerre à une autre nation, sans obtenir au préalable l’aval de l’Angleterre.

1939-1942 : Les premiers engagements

Comme en 1914, le Canada n’était pas prêt à se lancer dans la guerre en 1939. L’armée régulière forte de 4,500 hommes, augmentée de 51 000 réservistes partiellement entraînés, ne possédait pratiquement aucun équipement moderne. L’aviation disposait de moins de 20 appareils de combat modernes, et la marine d’à peine six destroyers.

Lorsque la guerre éclate en 1939, au Royal 22e Régiment, c’est la période des congés annuels. À l’instar de l’armée régulière, le  régiment, qui comptait un effectif d’au plus 250 militaires de tous grades, se voyait dans l’obligation de recruter afin d’atteindre l’effectif autorisé de 900 hommes.

L’entraînement des recrues s’est fait dans un premier temps à la Citadelle de Québec. Le Régiment est devenu une unité de la 3e Brigade au sein de la 1ère Division d’infanterie canadienne. Les soldats sont partis  pour l’Angleterre en décembre 1939 avec un effectif de 800 hommes, sans toutefois être parfaitement prêts.

Malgré le manque de préparation du Canada, les forces armées canadiennes ont connu une croissance rapide. Dans le seul mois de septembre 1939, plus de 58,000 Canadiens s’enrôlent. En décembre, les premières troupes canadiennes étaient en route pour la Grande-Bretagne. N’oublions pas qu’au début de la guerre, la situation semblait presque désespérée. En juin 1940, l’Allemagne avait défait la France et occupait la plus grande partie de l’Europe occidentale. L’Italie entra aussi en guerre aux côtés de l’Allemagne, formant l’alliance de l’« Axe » avec le Japon.

Dans ce contexte, la mobilisation des forces canadiennes eut pour résultat que trois ans plus tard, en 1942, les 250,000 hommes de la Première Armée canadienne formaient le cœur de notre engagement en Europe. Pour sa part, le Royal 22e Régiment jouera un rôle défensif lors de son passage en Angleterre entre décembre 1939 et juillet 1943, tout en s’entraînant pour une éventuelle invasion du continent européen.

Entre 1939 et 1943, et surtout après la débâcle des Alliés de juin 1940 sur le continent, le régiment assurera principalement la protection des côtes anglaises. À d’autres occasions, il effectuera des manœuvres de désinformations, tout comme des opérations de relations publiques.

Par exemple, le Régiment a été choisi pour monter la garde au Palais de Buckingham et de Saint-James du 12 au 21 avril 1940. À cette occasion, 6 officiers et 80 hommes du rang y seront affectés. C’était la première fois qu’une unité n’appartenant pas à l’armée anglaise était appelée à remplir cette fonction. Étant donné que la Grande-Bretagne fut soudainement menacée d’invasion, durant toute une année, du moins jusqu’à ce que l’Allemagne attaque l’Union soviétique en juin 1941, le Canada fut le principal allié subsistant de la Grande-Bretagne dans la lutte contre les forces fascistes.

Des soldats du Royal 22e Régiment montent la garde au palais de Buckingham, Londres (avril 1940).

1942 : le raid de Dieppe

À l’été de 1942, l’Union soviétique, qui croulait sous les coups d’une féroce attaque allemande, cria à l’aide. L’Armée canadienne accepta avec empressement un plan britannique consistant à attaquer les Allemands à Dieppe et à détourner leur attention.

À l’aube du 19 août 1942, près de 5,000 soldats canadiens appuyés par des commandos britanniques se lancèrent à l’assaut du port et des villages voisins. Le raid fut un désastre, car les défenses allemandes étaient en état d’alerte et plus fortes que prévu. De plus, les Canadiens ne disposaient pas du soutien naval et aérien nécessaire.

Des soldats canadiens ayant survécu au raid de Dieppe du 19 août 1942 de retour en Angleterre.

Certains historiens affirment que les leçons apprises à Dieppe ont contribué au succès des débarquements alliés ultérieurs; d’autres prétendent que le raid ne fut qu’une bourde mal préparée. Cette opération laissa d’ailleurs un goût amer aux Canadiens, car les troupes engagées furent décimées, alors que la tournure des opérations aurait dû faire annuler l’opération rapidement. Plus de 900 soldats canadiens ont été tués en 9 heures de combat. À lui seul, le régiment francophone des Fusiliers Mont-Royal encaisse un taux de perte de plus de 80%.

1940-1944 : La conscription

Lorsque la guerre éclate, les principaux partis politiques fédéraux s’entendent pour qu’il n’y ait pas de conscription pour le service outre-mer. Après la défaite de la France en juin 1940, le Parlement vote une Loi sur la mobilisation des ressources nationales qui introduisait la conscription, mais seulement pour le service au Canada.

En avril 1942, le gouvernement fédéral organise un référendum national demandant aux Canadiens de le libérer de son engagement de ne pas imposer la conscription si, à l’avenir, Ottawa jugeait qu’il était nécessaire d’envoyer des conscrits outre-mer. Alors que dans l’ensemble du pays plus de 70 % des Canadiens votent « oui », les ¾ des Québécois francophones votent « non ». Tout comme en 1917-1918, la nation était divisée.

1943-1945 : La libération de l’Europe

La première opération terrestre d’envergure du Canada pendant la guerre est survenue au moment où des troupes canadiennes contribuèrent à s’emparer de la Sicile au cours d’une campagne de cinq semaines ayant débuté le 10 juillet 1943.

Voici que se présentait aux soldats du Royal 22e Régiment (R22R) le moment tant attendu de participer à cette guerre. Sous le commandement du lieutenant-colonel Paul Bernatchez, le Régiment participe au débarquement et à l’invasion de la Sicile le 10 juillet 1943.

À l’assaut de la Sicile

Au cours de l’après-midi du 9 juillet 1943, divers convois venant des deux extrémités de la Méditerranée atteignent leurs zones de rassemblement à l’est et au sud de Malte et, une fois reformés, se dirigent vers leurs secteurs respectifs de débarquement.

Le débarquement en Sicile était considéré par le Haut commandement allié comme une entreprise hasardeuse, audacieuse et à haut risque, car les caprices imprévisibles de la mer étaient toujours à redouter. Les plages de cette île étaient protégées en maints endroits par de hauts fonds peu faciles d’accès. Par surcroît, se trouvaient à l’intérieur des terres diverses chaînes de montagnes qui offraient à l’ennemi d’excellents retranchements naturels.

Des soldats du Royal 22e Régiment débarquent en Sicile le 10 juillet 1943. À gauche, le lieutenant-colonel Paul Bernatchez, le commandant du régiment à ce moment.

Malgré une tempête survenue le 9 juillet 1943, le climat s’était vite apaisé et la mer s’étalait comme une nappe d’huile.  La Première division d’infanterie canadienne, qui occupait la gauche de la 8e Armée britannique, devait toucher terre au sud-est de la Sicile, le long des rives de la presqu’île de Pachino. Grâce à la collaboration constante des forces aériennes, navales et terrestres, le débarquement en Sicile s’opère conformément aux instructions reçues.

Au moment du débarquement le 10 juillet, le R22R faisait partie d’un des éléments de réserve de la Première division canadienne. Ce n’est que vers 08h00 que les premiers éléments de la tête du régiment débarquent sur les plages de Pachino. La conquête du littoral aux environs de Pachino s’est faite avec une rapidité imprévue et, le soir, le régiment se trouve déjà à 6.5 kilomètres à l’intérieur des terres.

Cependant, les circonstances forcent le 22e à prendre une part plus importante que le prévoyait le plan initial. Il connaît sa première bataille de la Seconde Guerre mondiale lors d’un accrochage sérieux à Grotta-Calda, un secteur nommé le « Fer à cheval ». Le régiment s’en tire avec 7 morts et 24 blessés, le 17 juillet 1943.

Le parcours du Royal 22e Régiment lors de la campagne de Sicile (juillet-septembre 1943).

Commencée le 10 juillet 1943, la conquête de la Sicile nécessite 38 jours d’âpres combats et se termine le 17 août par l’entrée des Alliées dans Messine. Le R22R a été largement impliqué au cours de cette conquête. Le long de son parcours depuis Pachino, le régiment a dû livrer bataille à Valguarnera, Adrano et Catenanuova.

Au plan opérationnel, le R22R faisait partie de la 3e brigade de la 1ère division. Cette brigade était constituée du R22R, du West Nova Scotia Regiment et du Carleton and York Regiment, lesquels vont combattre côte à côte pendant plus de 2 ans avec une bonne entente et une loyauté à toute épreuve.

Caporal du Royal 22e Régiment en tenue de combat estivale. Campagne d'Italie.

Tout comme les soldats du 22e bataillon au cours de la Première Guerre mondiale, les hommes du R22R firent preuve d’une grande bravoure au cours de leurs premiers combats de la Seconde Guerre mondiale en Sicile. En septembre, les Alliés envahissent la péninsule italienne et, malgré la rapide capitulation de l’Italie, les occupants allemands se battent pour chaque mètre de terrain montagneux.

Le jour même de la capitulation de la Sicile, le régiment embarquait dans les péniches pour participer à l’invasion de l’Italie. Dès 7 heures, le 3 septembre 1943, le régiment débarque et, moins de deux heures plus tard, il occupe Reggio, sur la pointe de la botte italienne. Les jours et les mois se sont enchaînés, avec la capture de Potenza, Sangro, Gambatesa et, pour terminer l’année 1943, avec la prise de la jonction des routes dans la région d’Ortona à la hauteur de Rome.

Si l’avance depuis l’été de 1943 avait été relativement rapide, le R22R arrive en décembre à un point où la résistance allemande se fait de plus en plus vigoureuse. Si les combats précédents avaient été âpres, cela ne serait presque rien en comparaison à ce qui allait les attendre.

Ils se trouvaient en un lieu maudit, un lieu qui allait demeurer dans les mémoires.

Le nom: Casa Berardi…

Soldats du Royal 22e Régiment dans une péniche de débarquement, sur le point d'accoster sur les plages de Reggio dans la péninsule italienne (septembre 1943).

Malgré tout, l’Allemagne envahit la Pologne pour acquérir de nouveaux territoires. L’agression militaire nazie conduisit directement à la Deuxième Guerre mondiale. Abandonnant finalement leur politique d’« apaisement », la Grande-Bretagne et la France promirent d’aider les Polonais et d’arrêter Hitler.

 

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1939 : Le Canada en guerre

La déclaration de guerre de la Grande-Bretagne n’a pas automatiquement engagé le Canada, comme cela avait été le cas en 1914. Mais on n’a jamais vraiment douté de la réponse du Canada, à savoir que le gouvernement et la population soutenaient unanimement la Grande-Bretagne et la France.

 

Le Canada déclara la guerre à l’Allemagne en septembre 1939. Le Premier ministre Mackenzie King promit que seuls des volontaires serviraient outre-mer. C’était la première fois que le Canada déclarait en son propre nom la guerre à une autre nation, sans obtenir au préalable l’aval de l’Angleterre.

 

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1939-1942 : Les premiers engagements

 

Comme en 1914, le Canada n’était pas prêt à se lancer dans la guerre en 1939. L’armée régulière de 4500 hommes, augmentée de 51 000 réservistes partiellement entraînés, ne possédait pratiquement aucun équipement moderne. L’aviation disposait de moins de 20 avions de combat modernes, et la marine d’à peine six destroyers.

 

Lors la guerre éclate en 1939, au Royal 22e Régiment, c’est la période des congés annuels. À l’instar de l’armée régulière, le  Régiment, qui comportait un effectif d’au plus 250 militaires de tous grades, se voyait dans l’obligation de recruter afin d’atteindre l’effectif autorisé de 900 hommes.

 

L’entraînement des recrues s’est fait à la Citadelle de Québec. Le Régiment est devenu une unité de la 3e Brigade au sein de la 1ère Division canadienne. Nos soldats sont partis  pour l’Angleterre en décembre 1939 avec un effectif de 800 hommes.

 

Malgré le manque de préparation du Canada, les forces armées canadiennes connurent une croissance rapide. Dans le seul mois de septembre 1939, plus de 58 000 Canadiens s’enrôlèrent. En décembre, les premières troupes canadiennes étaient en route pour la Grande-Bretagne.

 

N’oublions pas qu’au début de la guerre, la situation semblait presque désespérée. En juin 1940, l’Allemagne avait défait la France et occupait la plus grande partie de l’Europe occidentale. L’Italie entra aussi en guerre aux côtés de l’Allemagne, formant l’alliance de l’ « Axe » avec le Japon.

 

Dans ce contexte, la mobilisation des forces canadiennes eut pour résultat que trois ans plus tard, en 1942, les 250,000 hommes de la Première Armée canadienne formaient le cœur de notre engagement en Europe.

 

Pour sa part, le Royal 22e Régiment jouera un rôle défensif lors de son passage en Angleterre entre décembre 1939 et juillet 1943, tout en s’entraînant pour une éventuelle invasion du continent européen.

 

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Entre 1939 et 1943, et surtout après la débâcle des Alliés en juin 1940, le Régiment assurera principalement la protection des côtes anglaises. À d’autres occasions, il effectuera des manœuvres de désinformations, tout comme des opérations de relations publiques.

 

Par exemple, le Régiment a été choisi pour monter la garde au Palais de Buckingham et de St-James du 12 au 21 avril 1940. À cette occasion, 6 officiers et 80 hommes du rang seront affectés et c’est la première fois qu’une unité n’appartenant pas à l’armée anglaise était appelée à remplir cette fonction.

 

Étant donné que la Grande-Bretagne fut soudainement menacée d’invasion, durant toute une année, du moins jusqu’à ce que l’Allemagne attaque l’Union soviétique en juin 1941, le Canada fut le principal allié subsistant de la Grande-Bretagne dans la lutte contre la tyrannie.

 

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1942 : Le Raid de Dieppe

 

À l’été de 1942, l’Union soviétique, qui croulait sous les coups d’une féroce attaque allemande, cria à l’aide. L’Armée canadienne accepta avec empressement un plan britannique consistant à attaquer les Allemands à Dieppe et à détourner leur attention.

 

À l’aube du 19 août 1942, près de 5000 soldats canadiens appuyés par des commandos britanniques se lancèrent à l’assaut du port et des villages voisins. Le raid fut un désastre , car les défenses allemandes étaient en état d’alerte et plus fortes que prévu, et les Canadiens ne disposaient pas du soutien naval et aérien nécessaire.

 

Certains historiens affirment que les leçons apprises à Dieppe ont contribué au succès des débarquements alliés ultérieurs; d’autres prétendent que le raid ne fut qu’une bourde mal préparée.

 

Cette opération laissa d’ailleurs un goût amer aux Canadiens, car les troupes engagées furent décimées alors que la tournure des opérations aurait dû faire annuler l’opération rapidement.

 

Pertes : + de 80% au Fusiliers Mont-Royal. / 900 soldats tués en 9 heures.

 

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1940-1944 : La conscription

 

Lorsque la guerre éclata, les principaux partis politiques fédéraux s’entendirent pour qu’il n’y ait pas de conscription pour le service outre-mer. Après la défaite de la France en juin 1940, le Parlement vota une Loi sur la mobilisation des ressources nationales, qui introduisait la conscription, mais seulement pour le service au Canada.

 

En avril 1942, le gouvernement fédéral organisa un référendum national demandant aux Canadiens de le libérer de son engagement de ne pas imposer la conscription si, à l’avenir, Ottawa jugeait qu’il était nécessaire d’envoyer des conscrits outre-mer.

 

Alors que dans l’ensemble du pays plus de 70 % des Canadiens votèrent « oui », ¾ des Québécois votèrent « non ». Tout comme en 1917-1918, la nation était divisée.

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1943-1945 : La libération de l’Europe

 

La première opération terrestre d’envergure du Canada lors de la guerre est arrivée au moment où des troupes canadiennes contribuèrent à s’emparer de la Sicile au cours d’une campagne de cinq semaines ayant débuté le 10 juillet 1943.

 

Voici que se présentait aux gars du «22e» le moment tant attendu de participer à cette guerre. Sous le commandement du lieutenant-colonel Bernatchez, le Régiment participe au débarquement et à l’invasion de la Sicile le 10 juillet 1943.

 

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DÉBARQUEMENT EN SICILE

Au cours de l’après-midi du 9 juillet 1943, divers convois, venant des deux extrémités de la Méditerranée, atteignirent leurs zones de rassemblement à l’est et au sud de Malte et, une fois reformés, se dirigèrent vers leurs secteurs respectifs de débarquement.

Le débarquement en Sicile était considéré par le Haut commandement allié comme une entreprise hasardeuse, audacieuse et à haut risque, car les caprices imprévisibles de la mer étaient toujours à redouter.

Les plages de cette Île, protégées en maints endroits par de hauts fonds peu faciles d’accès, pas plus d’ailleurs que de l’intérieur des terres où diverses chaînes de montagnes offraient à l’ennemi d’excellents retranchements naturels.

La tempête, survenue le 9 juillet 1943, s’était vite apaisée et la mer s’étalait comme une nappe d’huile.  La Première division canadienne, qui occupait la gauche de la 8e Armée britannique, doit toucher terre au sud-est de la Sicile, le long des rives de la presqu’île de Pachino.

Le débarquement en Sicile, grâce à la collaboration constante des forces aériennes, navales et terrestres, s’opère conformément aux instructions reçues.

Au moment du débarquement le 10 juillet, le Royal 22e Régiment faisait partie d’un des éléments de réserve de la Première division canadienne et, ce n’est que vers 08h00, que les premiers éléments de la tête du Régiment débarquèrent sur les plages de Pachino.

La conquête du littoral aux environs de Pachino s’est faite avec une rapidité imprévue et, le soir, le Régiment se trouve déjà à 6.5 kilomètres à l’intérieur des terres.

Cependant, les circonstances forcèrent le 22e à prendre une part plus importante que le prévoyait le plan initial et il connut sa première bataille de la Deuxième Guerre mondiale, soit lors de la bataille de Grotta-Calda, dite du « Fer à cheval » qui fit 7 morts et 24 blessés, le 17 juillet 1943.

 

Commencée le 10 juillet 1943, la conquête de la Sicile nécessita 38 jours d’âpres combats et se termina le 17 août par l’entrée des Alliées dans Messine.

 

Le Royal 22e Régiment a été largement impliqué au cours de cette conquête. Pensons aux batailles suivantes : Valguarnera, Adrano et Catenanuova.

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La 3e Brigade de la 1ère Division était formée du Royal 22e Régiment, du West Nova Scotia Regiment et du Carleton and York Regiment, lesquels vont combattre côte à côte pendant plus de 2 ans avec une entente parfaite et une loyauté à toute épreuve.

Tout comme les gars du 22e Bataillon au cours de la Première Guerre mondiale, les gars du Régiment firent preuve d’une grande bravoure au cours de leurs premiers combats de la Deuxième Guerre mondiale au cours de la campagne de Sicile.

 

En septembre, les Alliés envahirent la péninsule italienne et, malgré la rapide capitulation de l’Italie, les occupants allemands se battirent pour chaque mètre de terrain montagneux.

 

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Le jour même de la capitulation de la Sicile, le Régiment embarquait dans les péniches pour participer à l’invasion de l’Italie.

 

Dès 7 heures, le 3 septembre 1943, le Régiment débarque et, moins de deux heures plus tard, il occupe Reggio.

 

Les jours et les mois suivirent avec la capture de Potenza, Sangro, Gambatesa et, pour terminer l’année 1943, avec la prise de la jonction des routes dans la région d’Ortona.

 

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En décembre 1943, des troupes canadiennes s’emparèrent du port d’Ortona, sur l’Adriatique, à la suite d’une féroce bataille maison par maison.

 

La 1re et la 2e Brigades de la 1ère Division subissent tour à tour des échecs dans leurs tentatives de prendre la jonction des routes d’Ortona. Le commandant de la 1re Division décide donc d’engager sa 3e Brigade qui se trouvait en réserve.

 

La 3e Brigade tente sans succès de prendre l’objectif avec le Carleton and York Regiment et le West Nova Scotia Regiment. Le 22e sera donc le dernier espoir de la 1re Division pour capturer l’objectif.

CASA BERARDI

Dans leurs opérations en vue de préparer la capture de Rome, il fallait sécuriser toute une série d’objectifs, dont la jonction des routes autour d’Ortona. Mais pour ce faire, il fallait capturer la Casa Berardi.

La prise de cet objectif était essentielle pour la poursuite des opérations de la 8e Armée britannique vers Rome. Donc, l’objectif du R22eR était la capture de cette jonction des routes et la Casa Berardi, attribuée à la compagnie C, était un sous-objectif vital au succès de la mission.

Le 14 décembre 1943, la compagnie C, commandée par le capitaine Paul Triquet et appuyée par un escadron de chars de l’Ontario Tank Régiment, attaque sauvagement le point fortifié de Casa Berardi.

*

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Paul Triquet est le sergent-major régimentaire au Royal 22e Régiment et c’est avec cette unité qu’il se rend outre-mer en décembre 1939.

Les difficultés commencèrent dès le début, le 14 décembre 1943. Le petit ravin était fortement défendu et, en s’approchant, le détachement fut soumis à un feu violent de mitrailleuses et de mortiers. Tous les officiers de la compagnie et cinquante pour cent des hommes furent tués ou blessés.

La résistance ennemie les isole du reste du Régiment.  Le capitaine Triquet rallie ses hommes par ces mots : «nous sommes encerclés, l’ennemi est en avant, en arrière et sur nos flancs, l’endroit le plus sûr, c’est l’objectif».

À ce moment, la compagnie se trouve à 1,6 kilomètre de Casa Berardi et il ne reste qu’une trentaine d’hommes dont deux sergents pour les commander.

Quand Triquet constate que ses flancs n’étaient plus protégés, il n’y avait qu’une place sûre, c’est «l’objectif», il s’élança et, suivi de ses hommes, enfonça la résistance ennemie. Au cours de cet engagement, quatre chars allemands furent détruits et plusieurs postes de mitrailleuses ennemis réduits au silence.

Une fois l’objectif atteint, il fallait le défendre. En prévision d’une contre-attaque, le capitaine Triquet organisa immédiatement sa poignée d’hommes en un périmètre défensif autour des chars d’assaut restants et transmit le mot d’ordre: «Ils ne passeront pas».

Une contre-attaque allemande appuyée de chars d’assaut fut déclenchée presque immédiatement. Le capitaine Triquet qui tirait un feu intense, était partout encourageant ses hommes dirigeant la défense et se servant de n’importe quelle arme qui lui tombait sous la main, il mit lui-même plusieurs Allemands hors de combat.

Cette attaque et celles qui suivirent furent repoussées avec des pertes élevées. Le capitaine Triquet et sa petite troupe tinrent bon contre des forces supérieures jusqu’à ce que le reste du Régiment se fut emparé de Casa Berardi et les eut relevés le lendemain.

Lorsque l’objectif est atteint, il ne reste plus que 15 hommes et quelques chars. Grâce à lui, Casa Berardi fut prise et la route était ouverte pour l’attaque contre l’embranchement vital d’Ortona, soit la voie qui menait à Rome. Pour son héroïsme, il reçoit la Croix Victoria.

Au cours de cet engagement, il y eut 23 tués et 107 blessés.

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2 réflexions sur “Le Royal 22e Régiment pendant la Seconde Guerre mondiale (1ère partie)

  1. Bonjour,
    Je cherche des détails concernant la bataille Gambatesa (Italie) du 7 octobre 1943. N’importe quel détail m’intéresse. Mon Grand-Père (Georges Richer) y ait décédé et j’essaie d’en savoir plus.
    Merci

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