Quand le 22e bataillon (canadien-français) se fit massacrer : la bataille de Chérisy ou la mémoire québécoise impossible

Publié: 16 mars 2009 dans Guerres mondiales et conflits contemporains
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Causerie prononcée au Collège Royal Militaire de Kingston (octobre 2007)

Bonjour Mesdames et Messieurs,

Lors du premier colloque d’histoire militaire tenu à l’Université du Québec à Montréal en 1994, le journaliste et historien Pierre Vennat avait affirmé que les Québécois ont un passé militaire, mais ne le connaissent pas suffisamment.

Douze ans plus tard, à la lumière des récentes recherches, son affirmation mérite d’être nuancée. Des maisons d’édition québécoises spécialisées en histoire militaire ont vu le jour, je pense notamment à Athéna et au Méridien, et un plus grand nombre d’étudiants s’est également intéressé à ce champ de la recherche. Par contre, il est vrai qu’en rapport avec ce qui s’écrit et s’enseigne au Canada anglais, l’histoire du passé militaire québécois reste encore à écrire et à être enseignée. Elle doit être également valorisée en rapport aux autres champs de la recherche telle l’histoire sociale, religieuse, économique, etc.

Je profite des minutes qui me sont allouées afin de vous entretenir de certaines réflexions qui me tiennent à cœur à l’égard de cette histoire militaire qui, dans une certaine mesure, demeure largement méconnue, voire mal-aimée.

J’attire votre attention sur un épisode particulier de l’histoire militaire du Québec au temps de la Grande Guerre de 1914-1918. Il s’agit d’un épisode qui, je pense, est somme toute méconnu de la plupart des Québécois, mais qui est en quelque sorte l’un des affrontements les plus tragiques et sanglants qu’ont connu nos ancêtres. Je parle ici de la bataille de Chérisy, qui se déroula en France, les 27 et 28 août 1918.

Sur le front intérieur, l’année 1918 avait bien mal débuté au Québec. La guerre n’avait que trop duré et les Canadiens français digéraient mal l’imposition de la conscription. Entre temps, loin et assez ignorants des débats houleux du Québec, les soldats canadiens-français du 22e bataillon se préparaient une fois de plus à aller au feu.

Dans le cadre des offensives des Alliés à l’été 1918, le commandant en chef, le maréchal Ferdinand Foch, voulait à tout prix faire craquer la terrible ligne de fortifications allemandes nommée la « Ligne Hindenburg ». Dans ce contexte, le Corps d’armée canadien tenait le front à la hauteur d’Arras, un peu à l’est de la crête de Vimy. Bon nombre de généraux alliés et allemands s’entendaient pour dire que le point le plus fort de la Ligne Hindenburg se trouvait justement à la hauteur d’Arras.

Comme par hasard, ordre avait été donné au 22e bataillon de faire sa part en s’emparant d’un des points les plus dangereux du secteur le plus dangereux de la Ligne Hindenburg, à savoir un assaut frontal contre le bourg de Chérisy, situé quelques kilomètres à l’est de la ville d’Arras. Le but n’est pas ici de faire le diagnostic de cette bataille, car elle n’était pas en soi si différente d’autres combats en 1918. Après une attaque, il y avait l’inévitable contre-attaque de l’ennemi, sur un terrain défoncé par les obus, jonché de cadavres, où les soldats des deux camps doivent en plus endurer les aléas de la température.

Ce sont peut-être les statistiques émanant de cette bataille qui frappent initialement l’imaginaire sur Chérisy. Par exemple, dès 700 soldats du 22e bataillon qui prirent part à l’assaut du 27 août en fin d’avant-midi, il en restait 39 le lendemain en fin de soirée. Les officiers qui dirigeaient l’unité étaient tous morts ou grièvement blessés. La réalité en cette fin de journée du 28 août fut que les restants du 22e étaient confinés dans des trous d’obus à quelques mètres des lignes ennemies. Au moment de la relève, le 22e est sous les ordres d’un sergent nommé Joseph Pearson, alors le plus haut gradé du bataillon encore debout.

Voilà pour les faits, vulgairement résumés. Question classique en ce qui a trait à la mémoire : que nous reste-t-il de Chérisy? Au moment où nos victoires militaires tombent dans l’oubli, à une époque où peu de Québécois se présentent aux diverses cérémonies du 11 novembre, et au moment où l’histoire militaire est encore peu enseignée dans nos écoles primaires et secondaires par exemple, qu’allons-nous faire avec l’un des pires désastres militaires de notre histoire contemporaine?

Symbole fragile, mais permanent de l’événement, le Quebec Cemetery (Cimetière Québec), situé sur le champ de bataille de Chérisy, nous apprend néanmoins qu’en bordure d’une route terreuse et abandonnée de France, reposent 195 soldats canadiens, dont beaucoup appartenaient au 22e bataillon. Sous le prétexte trop souvent entendu et écrit que ce n’était pas « notre guerre », que les vrais enjeux pour nous, les Québécois d’héritage canadien-français, étaient ceux de la conscription et de la résistance passive, peut-on réellement se payer le luxe d’oublier une tragédie de la sorte?

Sans juger les motifs qui poussèrent ces jeunes volontaires canadiens-français à s’enrôler, ne devrions-nous pas au contraire témoigner une reconnaissance, si minime soit-elle, pour ce que les soldats du 22e ont accompli? Peut-on dans ce contexte parler de ce que j’appelle la « mémoire impossible », c’est-à-dire une mémoire de la guerre qui ne passe tout simplement pas chez nous?

Je sens qu’au Québec il y a encore de larges pans de notre société qui demeurent réfractaires à la diffusion d’une certaine connaissance sur ce sujet. S’agit-il de paranoïa de ma part? Je l’aurais sans doute cru lors de mes premières années de recherche. Mais après quinze ans à étudier les archives, à lire sur l’histoire militaire du Québec et du Canada, je pense que les Québécois ont un certain rattrapage à faire, et ce, tant au niveau des connaissances de ce passé, mais surtout pour la construction d’une mémoire en devenir de la guerre.

Mais rassurez-vous, le fait qu’on ne parle pas de Chérisy n’est pas de votre faute! Les historiens qui travaillent dans l’armée, et en particulier au sein du régiment qui est ici à l’honneur, et qui existe toujours, n’en parlent quasiment pas. C’est normal, fierté régimentaire oblige, vous ne verrez pas souvent les membres d’un régiment descendre dans la rue et clamer haut et fort leur fierté de s’être fait casser la gueule sur un champ de bataille.

Pourtant, nombreux sont les exemples tirés de l’histoire militaire récente où les Canadiens se firent casser la gueule. Le raid désastreux sur la plage de Dieppe le 19 août 1942, où les Canadiens durent abandonner les corps de centaines de soldats tués, sans compter les blessés ni les prisonniers, est passé à la légende. À lui seul, le régiment canadien-français des Fusilliers Mont-Royal perd 88 % de ses effectifs en 9 heures de combat. Pourtant, des noms tels celui de Dieppe sont connus au Québec.

Un autre exemple concerne les Terre-Neuviens. Ceux-ci vouent un culte à la tristement célèbre bataille de Beaumont-Hamel du 1er juillet 1916. À 7 h 30, le matin de l’assaut, il y avait environ 900 soldats du Newfoundland Regiment qui mirent baïonnettes au canon et sortirent de leurs tranchées. Trente minutes plus tard, il en restait environ 70. Défaite sanglante, véritable massacre, tous les Terre-Neuviens connaissent le nom de Beaumont-Hamel, même qu’ils ont transformé le champ de bataille d’autrefois en un centre d’interprétation historique dès plus convaincant et émouvant. Ils ont même une université nommée Memorial University, en référence à cette tragédie.

Cela dit, je ne prétends pas qu’il faille se faire à tout coup dégommer sur un champ de bataille pour célébrer le souvenir de ceux qui périrent. En fait, Chérisy fait partie d’une réflexion d’ensemble qui mérite d’être faite sur la complexité des rapports qu’entretient la société québécoise d’aujourd’hui face à son passé militaire.

La réflexion en est encore au stade de la genèse en ce qui me concerne, mais rien n’empêche de se questionner. Pour tenter de trouver des explications à cette énigme, j’ai interrogé ici et là des gens issus du milieu de l’histoire militaire. Les historiens militaires m’ont dit pour la plupart qu’il est normal qu’on ne parle pas de Chérisy au Québec. Celui qui vous parle, cet après-midi, se rappelle bien des occasions où, autour d’une bonne bière évidemment, il a causé avec ses collègues des nombreux engagements du 22e pendant la guerre. On parlait volontiers de nos batailles de Courcelette, de Vimy, de la cote 70, mais on taisait le nom de Chérisy. Drôle d’attitude me direz-vous…

Toujours est-il que les vieux soldats du 22e, ceux qui avaient déjà connu plusieurs mois de tranchées, possédaient un sixième sens comme on dit. Ils savaient que Chérisy était une affaire risquée. L’observation qu’ils faisaient de l’état des défenses allemandes, du moral et de la discipline qui régnait alors dans le bataillon canadien-français, les effectifs incomplets, le retour trop rapide au front de plusieurs soldats encore blessés, et peut-être le fait qu’au moins la moitié des hommes étaient des conscrits (ce qui n’enlève rien à leurs qualités guerrières), tout cela faisait en sorte que le bataillon n’était pas au meilleur de sa forme au moment de l’assaut.

À l’instar des hommes, le corps des officiers du 22e était également usé à la corde. Il n’était pas rare de voir des sergents commander des pelotons, en attendant qu’arrivent d’Angleterre de jeunes lieutenants inexpérimentés pour assumer ce rôle. De plus, il n’était pas rare que bien des officiers expérimentés du bataillon aillent à s’absenter pour diverses raisons, que ce soit pour des permissions, ou plus fréquemment pour aller combler des postes vacants dans divers états-majors au niveau de la brigade ou de la division.

Il faut par ailleurs avoir à l’esprit que le bataillon venait tout juste de sortir de la bataille d’Amiens, du 8 ou 12 août, et que malgré des pertes relativement légères dans les circonstances, il y avait néanmoins un grand roulement des effectifs qui faisait en sorte que les soldats manquaient de repos, ou étaient encore peu familier à leur nouvelle vie au front, surtout pour les recrues, conscrites pour une majorité.

Bref, certains de mes collègues me disaient que le non-entretien du souvenir autour de Chérisy tire d’abord ses racines des réalités inhérentes à la vie dans le 22e bataillon en ce mois d’août 1918. En clair, le 22e à cette période était, dans une certaine mesure, une unité différente à celle qui avait pris l’assaut de Courcelette deux ans auparavant. L’usure du temps et des épreuves avait donc affaibli le bataillon.

D’autre part, nous tous ici qui n’avons heureusement pas été là, que peut-on tirer de cet événement, hormis les conclusions souvent trop froides des historiens militaires qui s’en remettent fréquemment aux statistiques? Chérisy pourrait-elle s’élever au-dessus de la boue des tranchées et nous servir de lieu de mémoire, à l’instar de ce que firent les Terre-Neuviens avec Beaumont-Hamel?

À l’heure où les historiens québécois s’acharnent à proposer diverses lectures de notre société à la lumière de son passé collectif, je leur dis qu’il y a certains domaines en lesquels il faut carrément refaire nos devoirs. Je pense que Chérisy est un exemple parmi d’autres qui méritent un réexamen des traces tangibles de notre passé guerrier.

Pour que cette mémoire devienne possible, je suis également d’avis qu’il faut se donner collectivement les outils historiques et pédagogiques afin que les Québécois puissent se réapproprier leur passé militaire. Les Français ont leur bataille de Verdun, les Russes celle Stalingard, et nous, les Québécois… qu’avons-nous?

Vous savez, l’étude de la Grande Guerre au Québec ne se limite pas qu’à l’analyse de la conscription, rédigée par des historiens qui, au fond, ne reprennent que trop souvent les arguments d’Henri Bourassa publiés dans Le Devoir. La Grande Guerre, telle que vécue alors, c’est aussi l’histoire de ces 35,000 Canadiens français qui furent soldats dans l’infanterie, dans l’artillerie, la cavalerie, l’aviation, ou encore qui soignaient les blessés.

Qui dit mémoire dit aussi contre-mémoire, c’est-à-dire une mémoire qui vise, par exemple, à dénoncer les abus de l’époque, les inégalités, les injustices commises par la communauté anglophone envers l’autre francophone. Bref, la réaction habituelle au Québec consiste à imposer une lecture du passé radicalement opposée au discours officiel et actuel de la communauté nationale canadienne.

Dans la ville de Québec, nous avons le parfait exemple qui illustre la situation, à savoir le monument intitulé Québec, printemps 1918, inauguré au coin des rues St-Joseph et St-Vallier en 1998, afin de marquer le 80e anniversaire des émeutes anti-conscriptionnistes dans la Vieille Capitale. Je suis pour ma part d’accord avec la construction d’un tel monument, même si je désapprouve largement le discours véhiculé par les initiateurs de ce projet. Mais cela est un autre débat.

Je me demande cependant s’il ne serait pas un jour possible de construire une mémoire plurielle québécoise de la Grande Guerre, où les monuments Québec, Printemps 1918 et Chérisy pourraient en quelque sorte cohabiter. Dans ses livres intitulés les Lieux de Mémoire, Pierre Nora nous présente plusieurs de ces lieux symboliques, dont la collision entre les divers atomes historiques provoque inévitablement de véritables explosions.

Pourrions-nous en faire de même au Québec? Faire vivre ensemble deux mémoires : l’une de la résistance passive, l’autre de la participation active du Québec? Après tout, il s’agit d’une même collectivité, et l’objet historique dont il est question ici s’inscrit dans ce contexte plus large et déjà bien étudié du consentement des sociétés en temps de guerre. À titre d’exemple, ce qu’on appelle en France « L’École de Péronne » de l’Historial de la Grande Guerre mène en ce sens depuis quinze ans des recherches sur cette fameuse question du consentement des sociétés civile et militaire en temps de guerre.

Le problème est que cette absence de consentement au Québec, essentiellement vécu à travers la conscription, a déjà été largement étudiée et il n’y a à peu près plus rien à dire là-dessus. En fait, on pourra sans doute toujours produire de solides recherches autour de la thématique de la conscription, mais il s’agira probablement d’études de cas, voire des études de classes, de genre ou de régionalismes autour du sujet. Quant au débat de fond, la question est à mon avis close.

Cependant, l’autre volet, celui du consentement des Canadiens français à la guerre de 1914-1918, offre un champ d’exploration des plus vaste. Ne serait-ce que dans mes propres recherches doctorales sur les relations franco-québécoises pendant la Grande Guerre, j’ai pu explorer les gestes de nombre d’individus et sociétés ayant pignon sur rue au Québec, oeuvrant dans divers champs économiques, commerciaux, culturels, politiques, qui ont tenté autant que possible de « vendre » la guerre à leurs compatriotes.

Et en évoquant Chérisy, je ne fais qu’illustrer un cas parmi tant d’autres des possibilités offertes aux étudiants et chercheurs qui désirent se pencher sur cette question du consentement des Canadiens français à la guerre de 1914-1918. Par exemple, ce n’est pas parce que plus de la moitié des effectifs du 22e bataillon était composée de conscrits que ces mêmes soldats sont allés à la bataille menottes aux pieds. Bien au contraire! Si l’on prend la peine d’étudier le contexte dans lesquels ils furent incorporés dans l’armée, on se rendrait compte que, par exemple, bon nombre de ces soi-disant conscrits était en fait des volontaires qui s’étaient enrôlés une fois la loi sur le service militaire obligatoire adoptée. Ce qui en faisait de facto des conscrits au sens de la loi.

Et même si la plupart des études indiquent qu’environ 96 % des Canadiens français mâles de l’époque en âge de porter les armées avaient demandé une exemption à servir, il reste néanmoins ce bloc de 4 % d’hommes qui ont porté l’uniforme et dont plusieurs sont effectivement allés au combat. Ces derniers représentent des milliers d’hommes en fait. Et vous voyez peut-être venir ma prochaine question : a-t-on pris la peine d’étudier leur histoire?

La bataille de Chérisy demeure, à mes yeux, le cas symptomatique d’un événement de l’Histoire qui cache en son sein tout un passé collectif beaucoup plus vaste, soit celui de ces Canadiens français qui ont réellement désiré participé à la Grande Guerre, que ce soit dans les tranchées, dans les organisations philanthropiques, dans les usines, et ainsi de suite.

Il m’apparaît certes évident que tout ce champ du consentement canadien-français à la guerre offre d’incroyables possibilités de recherches. À défaut que cette histoire soit officiellement enseignée dans nos écoles, on pourrait au moins, du côté universitaire, offrir aux étudiants la possibilité de s’instruire de cette histoire.

Quand l’UQAM et l’Université Laval m’ont offert la possibilité d’enseigner l’histoire militaire comme charges de cours, ces institutions n’avaient pas réalisé sur le coup, je pense, qu’elles m’avaient ouvert une brèche dans laquelle je me suis profondément enfoncé pour déborder les flancs de notre ignorance collective de notre passé militaire.

Concrètement, cela voulait dire que j’ai vu devant moi les yeux ébahis de ces futurs historiens et professeurs d’histoire que je formais. Devant les sobres récits de nos combats, ces étudiants n’en revenaient pas qu’on leur parle de tout cela. Ils me demandaient : « Mais pourquoi personne ne nous a parlé de cela avant? »

Comme Chérisy, la bataille pour mettre à jour nos connaissances de ce riche passé sera longue et dure. Mais rassurez-vous, mes collègues et moi avons déjà escaladé le parapet.

Je vous remercie de votre attention.

 

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commentaires
  1. L'amateur d'aéroplanes dit :

    Bonjour. Je suis français et m’intéresse a l’histoire. Tombant par hasard sur ce site a l’instant et souhaitant completer l’article du Wikipedia ou je suis contributeur de cette commune ou la rubrique historique est vide, je souhaite une précision. Les 39 hommes en question sont-ils effectivement les seules survivants ou plus vraisemblablement les seuls indemnes ? Les pertes incluant les blessés ?’

    • Fabrice THERY dit :

      Bonjour, il s’agit de 39 hommes indemnes du 22ème Bataillon. Il y eut au total (avec les morts de leurs blessures) 123 tués de ce bataillon et plus de 500 blessés. Pour la 5ème brigade canadienne qui a combattu à et autour de Chérisy, cela représente plus de 350 tués et plus de 2000 blessés entre le 27 et le 28 août 1918

      • L'amateur d'aéroplanes dit :

        Merci de la précision. Il faut que je vérifie si l’article du wiki à était à mit à jour. On à du mal réalisé de nos jours en Europe de tels pertes. En 60 ans, la France à perdu moins de 650 militaires en mission.

  2. Bruno Simard dit :

    M. Meilleur, il faut garder en t^te que « je me souviens » est la devise du Québec et non celle du Canada… C’est significatif.

  3. Luc Meilleur dit :

    La Société de généalogie et d’histoire de Thetford Mines vient de publier Le Bercail, édition Automne 2014, consacrée à La Grande Guerre. J’y ai appris qu’un de mes grands oncles du nom de François-Xavier Mercier est décédé des suites de ses blessures quelques jours après la bataille de Chérisy. J’ai en ma possession sa carte mortuaire ainsi que la médaille commémorative remise à ses parents. Grâce à vos recherches, j’ai appris ce qu’a été cette bataille. J’ai par la suite vérifié vos dires en visitant le site des anciens combattants, en particulier la description des 100 derniers jours de la guerre, et j’ai constaté qu’il n’y a aucune mention de cette bataille.

    J’ai donc communiqué par courriel avec le ministre des anciens combattants pour lui faire part de ma honte de cette perte de mémoire surtout quand notre devise est Je me souviens.

    J’ai posté cette histoire dans ma page Facebook et je ne manquerai plus une seule occasion de souligner ce manque de respect envers les 650 victimes de cette défaite.

    En ce qui me concerne, je me souviens.

    Luc Meilleur

  4. Eric Couillard dit :

    Je suis allé rendre hommage au lieutenant Louis Vien au Québec Cemetery en août 2012. C’était l’oncle de mon grand-père. Il habitait le ville de Lévis. J’étais accompagné de mon fils Guillaume. Bien qu’isolé, c’est un magnifique cimetière. Son isolement réflète toutefois l’oubli du sacrifice de ces soldats. J’ai fait promettre à mon fils de ne pas l’oublier et de transmettre le souvenir à ses enfants et ainsi de suite… C’est une des visites les plus émouvantes de ma vie. Je me suis demandé si j’étais le premier à venir le voir en plus de 90 ans.

  5. fardoux dit :

    Bonjour,
    j’habite à CHERISY et je recherche des informations sur la terrible bataille qui s’y est déroulée en août 1918. (photos, cartes géographiques de bataille , journaux de bataille)La présence de blockaus sur mon terrain m’incite à cette quête du souvenir. Merci d’avance
    cordialement

    • Bonjour, pour des fins de recherches, je suis également à la recherche d’illustrations, gravures, cartes postales… principalement s’il est possible d’y observer le drapeau du 22e bataillon de l’époque.

  6. Drix dit :

    Bonjour ,
    mon père et mes deux grand-pères ont fait cette Grande Guerre. La chance a voulu pour moi qu’ils en reviennent tous les trois.
    L’ensemble de votre blog m’intéresse beaucoup, mais cet article m’émeut particulièrement.
    Vous posez le problème remarquablement et bien que vivant loin de chez vous, je suis toujours étonné de l’ampleur des pertes qui rappellent malheureusement la période où nos généraux français envoyaient sans sourciller des gamins en pantalons garance foncer en rang serrés sur des mitrailleuses. Probablement pollué par la description des manœuvres de Leclerc de Hautecloque, j’ai du mal à comprendre les assauts frontaux qui semblent avoir été de règle à l’époque.

    Bien cordialement

  7. Bruno Simard dit :

    Le passerai par le Cimetière en septembre 2001 pour honorewr une promesse faite à ma Gand-mère il y a près de 50 ans d’aller me receuillir sur la tombe se son frère Herménégilge Belzil si un jour j’allais en France.
    J’aura de nombreuses photos si cela vous intéresse…

  8. Simon Morissette dit :

    Bravo pour cet article, l’oncle de ma mère, Georges Marcoux vétéran de 14-18, volontaire au royal 22e régiment! il tenait toujours à le préciser, a participé à cette sanglante bataille de Chérésy, je me souviens quand il disait le nom Pearson et du massacre dans les tranchés, je me souviens aussi qu’il me parlait de la manière dont ils fûrent traités ces vétérans à leur retour au Canada, on les appellait les  »gazés » je savais que cela le décevait il me l’a dit si souvent, l’article le mentionne aussi que le Québec ne veut pas se souvenir, rappellez-vous de ce film sur la 2e guerre Le déserteur où l’on parlait d’un type qui a fuit et au même moment au Canada anglais se faisait un film avec M. Dhavernas sur une infirmière partie sur les champs de batailles d’europe en 1914 1918. Et pourtant souvenez-vous aussi de ce film datant de plusieurs années avec Joe Bocan en rôle d’une infirmière, La guerre oubliée, petit bijou d’anecdotes mettant en vedette de nombreux vétérans de 14-18 racontant leur anecdotes, je ne sais pas s’il y a des gens qui savent se le procurer, je crois qu’il serait bien de le revoir.

  9. Bonjour,

    Ce texte, comme tous les autres , de Carl Pépin est extrêmement intéressant. Jeune journaliste j’ai eu la chance d’interviewer Joseph Pearson. Je me souviendrai toujours de l’immense émotion et des sanglots qui l’étreignaient même après des années. Son fils demeure à Mont-Joli et possède de nombreux souvenirs de son père.

    Robert Tremblay.

  10. Bruno Simard dit :

    merci de ce texte fort, je m’intéresse au sujet parce que l’un des frère de ma grand-mère paternelle le soldat Herménégilde Belzil à été tué lors de cette bataille.

  11. Roni62 dit :

    Bonjour,
    J’habite le village de cherisy dont vous parlez et je vous remercie pour le texte que vous avez posté concernant le 22ème.
    Je fut surpris sur le nombre de tué en si peut de temps.
    Cela me fait penser aux « glorieuses charges » de nos soldats en debut de conflit avec leur pantalon rouge ou des compagnies entières furent gravement amputée de leur force.

    J’avais su que les canadiens et allemands s’étaient lourdement affrontés et que ce qui avait été si cherement conquis fut repris tres rapidement ce qui ne me surpris pas vue la nature du terrain.

    Mais de savoir que de 700 hommes, il n’en resta plus que 39…c’est une information que peut d’entre nous ne sait.

    Désormais, lorsque mes pas me guiderons vers le « Quebec cemetery » je penserai a ces jeunes soldats qui laissèrent leur vie sur notre commune un jour d’aout 1918.

    Cordialement.

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