La nature de la puissance américaine

Le sujet de la puissance américaine revêt son importance pour plusieurs raisons. D’abord, les États-Unis sont de loin le pays le plus puissant au monde et non pas seulement du point de vue militaire, mais aussi économique, culturelle, etc. Ensuite, la question des possibilités et des limites de cette puissance doit être soulevée. L’Administration sous G. W. Bush était prête à utiliser la puissance américaine pour effectuer des transformations majeures, comme c’est le cas de l’Irak et du Moyen Orient.

Le cas de l’Irak soulevait la nécessité aussi de séparer les différentes facettes de la puissance américaine.  Les Américains avaient obtenu une victoire militaire écrasante en 2003, mais la victoire politique semble moins certaine aujourd’hui. Du point de vue de la mondialisation, on retient l’idée que les États-Unis et le mode de vie américain sont intimement liés à ce phénomène. Souvent on parle de la mondialisation et de l’américanisation comme si elles étaient plus ou moins la même chose.

Bref, on parle beaucoup de la puissance ou de la surpuissance américaine. Ce concept capture bien l’impression populaire des États-Unis comme une puissance trop forte, soit que l’écart entre les États-Unis et les autres pays est immense et menaçant.

Depuis longtemps, il y a un débat aux États-Unis sur la politique extérieure américaine, à savoir ce qu’elle devrait être. Ce débat est divisé entre les isolationnistes et les internationalistes. En réalité, il n’existe pas vraiment de « formes pures » de ces deux courants, mais ils ont une utilité parce qu’ils nous aident à saisir les traits dominants et surtout les différences dans la structuration de la politique internationale américaine.

On peut voir en surface ces deux types de courants :

1) Les isolationnistes

Ceux qui s’identifient à ce courant veulent se retirer derrière les frontières nationales, de limiter le plus possible l’intervention des États-Unis avec le monde. L’un des éléments de cette idée de la différence américaine est que les États-Unis sont un pays de type différent et qu’il risque la contamination et la corruption s’il intervient en dehors de ses frontières nationales. Cette approche est perceptible à droite comme à la gauche de l’échelle politique américaine. Par exemple, à droite de ce courant, on dit que le reste du monde n’est pas notre responsabilité, alors qu’à gauche, on ne devrait pas nous impliquer pour dire aux autres quoi faire ou ne pas faire.

Dans ce contexte, quelques points sont importants selon les secteurs de l’activité politique analysés. Par exemple, certains isolationnistes disent qu’en matière de politique étrangère on ne peut ou on ne devrait pas dire aux autres ce qu’ils devraient faire. Du côté militaire, les isolationnistes veulent en priorité la protection du territoire américain, et cela peut se traduire par la construction du fameux bouclier antimissile. Au plan économique, il est question de la protection du marché intérieur américain. Par exemple, la question des taxes américaines sur le bois d’œuvre canadien comme une mesure protectionniste.

2) Les internationalistes

Les internationalistes disent que les États-Unis ne peuvent pas se retirer derrière leurs frontières. Les Américains ont des intérêts géopolitiques, économiques, moraux, etc. dans le monde.  Il faut qu’ils jouent un rôle mondial. Mais les internationalistes sont divisés en deux tendances. Il y a les unilatéralistes. Ces gens pensent que les Américains peuvent et doivent agir tout seuls (ex : Irak).  Nous avons la puissance, il faut l’utiliser. La coopération des autres pays n’est que nuisance selon eux. Nous sommes les plus forts, on a raison. Les multilatéralistes, eux, croient que les Américains doivent agir de concert avec les autres. Les États-Unis doivent devenir un bon citoyen global, parce que c’est dans nos intérêts. Il faut agir surtout par le biais des institutions internationales comme les Nations Unies, l’OMC, Kyoto, etc.

Le débat entre isolationniste et internationalistes est très important. C’est un débat ouvert au sein de l’Administration à Washington, tout comme il l’est entre les deux parties politiques principaux, soient les Républicains et les Démocrates. C’est un débat ouvert avec des conséquences potentielles assez importantes.

Aujourd’hui

De nos jours, par exemple, ceux qui se qualifient toujours d’« isolationnistes » aux États-Unis forment un courant très minoritaire (surtout depuis le 11 septembre). Maintenant ce sont les internationalistes qui ont pris le devant. De leur côté, les unilatéralistes disent que les États-Unis sont les plus forts, que les autres pays nous empêchent de faire ce qu’on veut, et donc on doit faire ce qu’on veut.

En partie, il s’agit d’un argument assez égoïste basé sur les intérêts nationaux. Les États-Unis doivent, comme tout pays, poursuivre leurs intérêts (ils sont prioritaires) et parce que nous sommes si forts on a une bonne chance de réussir. Et l’argument des unilatéralistes fait en partie appel à une forme d’idéalisme. On sait ce qui est mieux, soit nos valeurs, notre conception de la société, notre régime politique (la démocratie), nos politiques économiques. Bref, il faut qu’on les impose non seulement pour notre bien-être, mais aussi pour celui des autres. Ce qui est bon pour les États-Unis est aussi bon pour le monde.

En réalité, l’argumentaire des unilatéralistes vient surtout de la frustration engendrée de par les rapports avec les autres et surtout avec les Européens sous les années Clinton. Lors d’échecs aussi retentissants comme les crises en ex-Yougoslavie et en Somalie, les Américains étaient convaincus que leur vision était la meilleure.

Et le troisième groupe qui tente d’influencer la politique de Washington actuellement est celui des multilatéralistes. Ils disent qu’il faut que les États-Unis coopèrent avec les autres et exercer une influence auprès des institutions qui existent, en plus de créer de nouvelles institutions pour promouvoir leurs intérêts. Deux principes ou suppositions sous-tendent l’argumentaire de ce groupe. D’abord, les intérêts des Américains sont les mêmes que ceux des autres. Il ne s’agit pas d’imposer ses vues, mais de rechercher la coopération. Ensuite, les problèmes et les défis ne peuvent qu’être résolus que par une coopération internationale.

Certes, les États-Unis peuvent (ou pourraient) être multilatéralistes, mais l’élément profond demeure la souveraineté. Autrement dit, on a l’idée que chaque État est complètement indépendant, souverain, et qu’il peut appliquer la politique qu’il décide. C’est bien souvent la question de la préemption et non la prévention qui décide. Mais derrière ce débat sur la politique internationale américaine, on trouve un autre débat ou d’autres questions qui portent sur la puissance américaine.

Rappelons d’abord deux pôles propres à la soi-disant puissance américaine. Le premier pôle est celui que les États-Unis sont tout-puissants. Le second pôle est que les États-Unis sont beaucoup plus faibles que l’on dit. Bref, les États-Unis ne sont pas tout puissants. Il existe de vraies limites sur leur pouvoir, surtout depuis le 11 septembre. Les États-Unis ne sont pas tout puissants. Ils ne peuvent pas tout faire et ils ne peuvent pas imposer leurs vues sur tout le monde, tout le temps.

Mais, un important bémol est à soulever: le cas de l’invasion de l’Irak. Les Américains seuls ont décidé presque tout seuls d’aller en guerre dans une région lointaine. Dans ce cas-ci, personne ne pouvait les empêcher et aucun autre pays ne put le faire. Deuxièmement, il faut faire attention avec les avis des experts (ou des journalistes) qui voient régulièrement les États-Unis comme un État tout puissant et idéalisé (en bien comme en mal). On compare souvent cet idéal avec la réalité et, devant un échec comme l’Irak, on a tendance à conclure que les États-Unis ne sont pas tout puissants.

Ils ont peut-être raison, mais la question est peut-être mal posée.  Ce qui est frappant c’est la puissance des États-Unis, la puissance surtout relative face aux autres pays pris un par un. Les États-Unis ont bel et bien les moyens d’imposer leurs vues, s’ils savent protéger leurs arrières bien sûr. C’est dans ce contexte, on peut établir deux types de puissances, soit la puissance dure, et la puissance molle.

La puissance dure (Hard Power)

Le premier aspect de la « hard power » est le volet militaire. On s’en doute, les dépenses militaires américaines sont énormes. À eux seuls, les Américains contribuent pour 40% des dépenses militaires mondiales. Cela représente un fardeau énorme, et malgré les hausses de dépenses, elles représentent moins en termes du PIB.

Les dépenses militaires pendant la Guerre froide représentaient 9% du PIB, 6% dans les années 1980 sous Reagan et maintenant autour de 4%. Tout cela reflète la puissance économique des États-Unis. Par comparaison, les taux sont pour l’Arabie Saoudite de 15%, pour Israël de 9% et pour la Chine de 4%.

Cependant, l’armée américaine est impressionnante. Les forces nucléaires sont imposantes et les États-Unis sont aussi le seul pays qui peut projeter de la force militaire partout sur la planète ou presque. Ils sont aidés en cela par l’existence de 725 installations militaires à l’étranger. Au moins 250,000 troupes servent en dehors du territoire américain (sur 1.4 million dans les forces armées régulières). La concentration des forces au Proche Orient est une preuve de ce déploiement en force. Pour leur part, les Européens parlent de créer une véritable force d’action rapide, mais loin de là et ça sera surtout une façon de mobiliser des forces pour le maintien de la paix.  L’Angleterre demeure une exception partielle, mais quand même assez limitée.

Les implications de ces indications sont que la force militaire américaine est importante pour des guerres comme l’Irak, mais aussi pour la stabilité régionale (surtout en Asie, mais aussi en Europe). Donc cela donne aux États-Unis un avantage, des possibilités et aussi des responsabilités.

Par contre, cette puissance militaire pose des problèmes aussi. L’utilité de la force militaire est limitée et pas toujours nécessaire (ex : les relations avec le Canada et les pays européens). Le cas de l’Irak montre dans un sens inverse les côtés limités de cette force. D’autres seront tentées de dire que cette prédominance encourage l’unilatéralisme américain. Eux seuls ont la force militaire, donc eux seuls décident quand il faut l’utiliser. D’ailleurs, l’avance technologique renforce ce facteur. De plus en plus, il apparaît difficile pour les Américains de mener des guerres avec des alliés potentiels. L’exemple de la guerre en Afghanistan est flagrant. Donc, dans le domaine militaire, il existe un unilatéralisme américain de facto qui n’est pas nécessairement bon.

La puissance économique

En matière économique, la puissance américaine est aussi énorme. Les États-Unis contrôlent autour de 35% de la production globale. Ils ont un marché intérieur énorme. Leur dollar sert de monnaie de réserve et 80% des transactions financières planétaires sont faites en dollars américains.

Tout le monde regarde l’économie américaine et surtout la consommation. Tout cela donne un pouvoir important aux États-Unis. Tout le monde à un intérêt dans la prospérité américaine. C’est pour cela que les Américains peuvent courir des déficits dans leur balance de paiements de 5%, parce que les autres sont prêts à financer ces excès, ne serait-ce que pour avoir accès au marché américain. Cela donne aux États-Unis un rôle majeur dans les institutions internationales. Ils ont un veto au Fonds monétaire international, à la Banque mondiale et à l’Organisation mondiale du commerce.

Dans une certaine mesure, cela renforce le courant unilatéraliste, parce que les autres pays ont plus besoin des États-Unis que l’inverse. Avec leur marché interne, les États-Unis sont moins dépendants de l’économie globale, notamment sur les exportations par comparaison avec le Japon ou l’Allemagne.

Mais un point est important à noter: les dirigeants américains sont convaincus que la prospérité chez eux dépend des échanges avec le monde, d’où l’importance d’avoir une économie globale, des échanges globaux pour ainsi avoir accès aux divers marchés. Pour assurer un ordre global économique libéral, les États-Unis ont besoin des autres. Ils ont besoin de leur coopération et sont prêts à négocier, ce qui signifie faire des concessions.

À un autre niveau, celui de la pratique, c’est cela qui se passe. Les États-Unis négocient avec les autres pays au sein des institutions internationales (OMC), mais aussi de façon bilatérale. Les États-Unis se trouvent imbriqués dans ses institutions, dans ces négociations, et cela renforce le courant multilatéraliste (ex : question des tarifs sur l’acier, le bois, etc.). Bien sûr, il ne faut pas exagérer. Les Américains négocient durement et leur poids économique leur donne des avantages. En réalité, la puissance économique américaine n’est pas seulement limitée. C’est aussi une forme de puissance qui encourage le multilatéralisme.

Tout cela est renforcé par une mondialisation économique, même si les Américains en général préfèrent des règlements basés sur les marchés, les autres pays sont moins enthousiastes. Et pour assurer cette libéralisation économique, il faut que les Américains prennent en compte les vues des autres. En somme, la « puissance dure » peut exister et l’Irak en est un exemple poussé à l’extrême. De son côté, la puissance économique est davantage utilisée par les États-Unis, mais elle aussi est limitée.

Le multilatéralisme

La tendance multilatéraliste est renforcée par le fait que, de plus en plus, il y a des sujets qui ne peuvent pas être résolues par les États-Unis tout seul. Par exemple, le terrorisme, les problèmes environnementaux, le crime international (les drogues, la prostitution, l’immigration clandestine), le règlement des transactions internationales, des corporations multinationales, etc. Tous ces sujets ont de plus en plus d’importance. Si les États-Unis veulent affronter ces problèmes d’une façon efficace, cela prend la coopération des autres.  Elle est nécessaire.

Donc ces sujets/problèmes encouragent le multilatéralisme par leur nature même, mais c’est peut-être à long terme que l’on verra davantage de résultats positifs. Par contre, il n’est pas évident que les Américains acceptent cette logique, en raison notamment de la nature du processus politique américain, soit son ouverture, sa décentralisation, etc.  En effet, cela rend une politique cohérente presque impossible, car une certaine centralisation est nécessaire.

Il y a par contre des avantages: cela rend impossible l’imposition d’une tyrannie, mais la politique américaine est souvent incohérente. Il y a régulièrement des contradictions entre les buts à long terme et ceux à court terme (à long terme la libéralisation économique; à court terme la protection des industries, etc.). Ensuite, plusieurs intérêts ont comme corollaires que plusieurs politiques sont souvent différentes. Le risque est qu’une politique précise sur un sujet donné soit monopolisée par un groupe organisé qui a des intérêts particuliers (ex : la politique américaine envers le conflit israélo-palestinien.)

Mais il y a aussi la question de volonté.  Autrement dit, est-ce que les Américains acceptent l’idée que les problèmes qui les confrontent nécessitent une approche multilatérale? C’est loin d’être évident.  Par exemple, la question des drogues nécessite une approche globale ou au moins régionale, tout en sachant que les Américains procèdent plus ou moins pays par pays (en plus d’être un problème interne qui les touche beaucoup). Deuxièmement, le problème du terrorisme. Une approche basée sur une coopération internationale entre des polices et des services de renseignements, mais les Américains préfèrent penser en terme de guerre et de mettre l’accent sur les “régimes voyous” ou “terroristes”.

Le danger est que les Américains vont définir ces problèmes d’une façon qui permet une approche plus unilatéraliste, sinon pour dire carrément militaire, ou dans le meilleur des mondes ils vont réagir au cas par cas, sans politique d’ensemble cohérente.

La puissance molle (Soft Power)

Ce terme signifie en quelque sorte le déclin de l’empire américain. Une première facette de la « soft power » des États-Unis est au niveau institutionnel, soit en terme de puissance institutionnelle. La puissance politique des États-Unis, surtout après 1945, a permis à ceux-ci de créer des institutions internationales qui promouvaient leurs intérêts: le FMI, l’OTAN, le GATT, etc.

Cela était important parce que cela permettait aux Américains d’établir, ou au moins d’influencer fortement, l’ordre de jour de la politique internationale. Cette puissance institutionnelle se traduit également dans la force du moteur économique américain. De nos jours, cela continue avec l’OMC, qui tente tant bien que mal d’établir des règlements dans la gérance des transactions internationales.

La seconde facette de la « soft power » américaine est au niveau de la puissance culturelle que ce pays déploie. C’est plus compliqué à définir, mais on parle de l’attrait des États-Unis, du modèle américain, du mode de vie américain qui est diffusé à travers la planète. La prospérité économique, les principes américains de liberté politique, de liberté de pensée, etc. Cela est important, parce que pendant la Guerre froide, cela a rendu l’hégémonie américaine plus acceptable, surtout pour les pays de l’Europe de l’Ouest.

Maintenant c’est un peu la même chose.  Mais cela renforce aussi la puissance des États-Unis en terme de leur puissance internationale, leur capacité d’établir l’ordre du jour international. Beaucoup de gens dans beaucoup de pays regardent les États-Unis avec envie. Ils veulent ce qu’ont les Américains, ils veulent immigrer aux États-Unis. Et cette image (ou ces images) est propagée par les médias, les films, les chansons. Le point essentiel est que le mode de vie américain est un mode de vie des pays développés (bien qu’il puisse y avoir des différences, voire des résistances).

Conclusion

En conclusion, on peut évoquer deux constats. Le premier est que l’on accuse souvent les Américains d’être égoïstes. Mais quel pays ne l’est pas? La vraie question est de savoir dans quelle mesure les intérêts des Américains sont en concordance avec les intérêts des autres?

D’une certaine manière, ils ont beaucoup d’intérêts convergents, au moins en principe: la liberté, la démocratie, etc. Bien sûr, un écart existe entre la théorie et la pratique. Rappelons-nous qu’historiquement parlant, les USA furent loin d’être le seul « empire » à vouloir imposer tant sa puissance militaire, économique, qu’institutionnel et culturelle (Rome et Grèce antiques, Napoléon, Hitler, Staline, etc.). On peut s’entendre sur la divergence des moyens utilisés, mais il y a souvent des similarités d’arrière-fonds. Cependant, il y a toujours un écart entre les principes et la réalité. Ce qui ne veut pas dire que les Américains ne peuvent pas faire davantage, ils le peuvent. Donc les critiques vont continuer, et elles sont même nécessaires.

Le second constat est ceci, à savoir la définition que les Américains donnent d’eux-mêmes.  Comment se conçoivent-ils? Il existe là aussi un écart entre les interprétations faites par les Américains et celles des autres. Comment perçoit-on la religion, le système économique, l’immigration? Les réponses varient souvent en fonction de ce que l’on connaît de cette société américaine, à défaut d’y avoir vécu.

Il y a aussi toujours ce risque que les Américains se voient comme différents des autres. Ce qui peut poser des problèmes bien entendu. Finalement, il semble que la combinaison de la puissance forte et molle des États-Unis assurera une prépondérance américaine pour longtemps.

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