La Guerre des Gaules (58-51 av. J.-C.)

L’image de César

Reconstitution tirée de la télésérie "Rome" produite par HBO. Des légionnaires romains en Gaule vers 52 avant J.-C.

Ce qu’on appelle la Guerre des Gaules ou la Conquête de la Gaule fut une série de campagnes militaires dans lesquelles Jules César étendit le contrôle de Rome sur toute la Gaule à l’est du Rhin. La principale source relatant ces événements nous provient des Commentaires sur la Guerre des Gaules (Commentarii de Bello Gallico) de César, qui doivent être traités avec prudence. Bien que certains faits relatés semblent avérés, dont quelques-uns sont confirmés par les découvertes archéologiques, les Commentaires demeurent une œuvre de propagande visant à glorifier son auteur et justifier ses actions vis-à-vis ses ennemis politiques à Rome.

César prenait soin de ne pas commenter ses revers, ni sur les raisons précises l’ayant amené à faire campagne dans cette région. En 58, il avait besoin d’une campagne militaire pour son avancement politique et pour rembourser une série de lourdes dettes qu’il avait contractées dans ce contexte. À plusieurs reprises, César provoqua délibérément des affrontements avec les tribus gauloises alors que celles-ci ne posaient aucune menace directe contre les intérêts de Rome.

L’armée de César reposait sur des légions d’infanteries lourdes. Il en disposait de six en 58 et le total monta à dix vers la fin des campagnes, sans compter quelques cohortes indépendantes qui totalisaient 2 légions. Ces unités comprenaient des spécialistes d’ingénierie qui rendirent l’armée hautement efficace lors de sièges. De plus, César avait apparemment le don d’inculquer à ses troupes un esprit de fierté et de confiance qui a probablement rehaussé leur qualité combattante. Pour sa cavalerie et son infanterie légère, César comptait essentiellement sur ses alliés étrangers, en particulier des Crétois, des Numides et des Hispaniques.

Pour leur part, bien qu’étant nombreuses, les armées gauloises étaient inflexibles et souvent indisciplinées et maladroites dans leurs approches face aux légions romaines. Par ailleurs, les Gaulois manquaient d’appui logistique et leur organisation militaire ne permettait pas, contrairement aux Romains, de mobiliser leurs forces sur une longue période. Les guerriers gaulois menaient leur première charge avec rage et fougue, mais leur indiscipline les empêchait d’adopter des tactiques plus complexes qui auraient pu faire la différence.

Carte des prinicpales opérations menées par César en Gaule et en Bretagne.

Le besoin de prétextes

En 58, la tribu des Helvètes migra de ce qui est maintenant la Suisse et effectua un raid contre une tribu alliée de Rome, menaçant ainsi le passage de la Gaule transalpine romaine (la Provence moderne). César prit prétexte de cet incident pour forcer les Helvètes à la bataille. Ceux-ci furent vaincus avec de lourdes pertes et durent retourner dans leurs terres d’origine. L’incident eut un effet qui allait éventuellement enflammer toute la Gaule.

Les tribus de la Gaule centrale étaient divisées entre deux confédérations dirigées par les Éduens et les Séquanes. Ces derniers avaient employé Arioviste, le chef d’une coalition germanique des Suèves afin de défaire les Éduens qui étaient alliés de Rome. César prétendit que la présence d’Arioviste en Gaule représentait une menace aux intérêts de Rome. C’est alors qu’il dirigea son armée contre les Germains qu’il battit, les forçant à retraverser le Rhin.

Gaius Julius Caesar (100-44 avant J.-C.).

En 57, César marchait au nord-est contre les tribus belges, toujours en prétextant venir à la défense d’une tribu alliée « en danger ». Son armée fut attaquée au moment où elle se retranchait près de la rivière de la Sambre et passa à un doigt de subir une défaite. L’armée romaine avait été sauvée par la bravoure et la discipline inculquées à ces soldats ordinaires, sans compter sur l’intervention personnelle de César dans la bataille qui insuffla une nouvelle énergie. Les Belges subirent de lourdes pertes et ils finirent par capituler lorsque César les menaça d’envahir leurs cités.

En 56, César divisa son armée pour affronter plusieurs petits groupements de tribus qui le menaçaient de part et d’autre. Après avoir assemblé une flotte et lancé un assaut conjoint par terre et par mer, César parvint à défaire les Vénètes dans l’actuelle Bretagne. L’année suivante, en 55, les Romains installèrent une série de ponts sur le Rhin et entreprirent une expédition punitive contre les tribus germaniques. À la fin de la même année, César traversa en Bretagne (actuelles îles Britanniques) avec deux légions au cours d’une expédition qui faillit tourner au désastre lorsque sa flotte partir à la dérive à la suite d’une tempête. César retourna néanmoins en Bretagne en 54 avec une armée beaucoup plus large et força la puissante tribu des Catuvellauni à la capitulation.

En finir avec la Gaule

Concrètement, toutes ces opérations n’avaient pas d’impacts majeurs d’un strict point de vue militaire. Cependant, elles moussaient spectaculairement la propagande de César, ne serait-ce qu’en faisant parler de lui à Rome. Durant l’hiver 54-53, les Romains, qui étaient retournés dans leurs quartiers d’hiver, devaient faire face à une sérieuse rébellion des tribus du nord-est de la Gaule, une rébellion dirigée par Ambiorix de la tribu belge des Éburons. Quinze cohortes romaines furent annihilées à la bataille d’Aduatuca (près de Namur en Belgique) et une autre garnison commandée par Quintus Cicero fut assiégée et sauvée in extremis par César. Par conséquent, l’année suivante fut consacrée à des expéditions punitives contre les tribus belges impliquées dans cette rébellion.

Cela fut le prélude à une rébellion d’une plus grande ampleur en 52. La plupart des tribus de la Gaule, incluant celle qui par tradition était une alliée de Rome, les Éduens, s’unirent sous la direction d’un noble arverne, Vercingétorix. En fin stratège, Vercingétorix voulait éviter l’affrontement direct avec les Romains, tout en essayant de leur couper les voies de ravitaillement et les forcer à la retraite. Au lieu de reculer, César partit à la poursuite du gros de l’armée gauloise, prenant du coup la cité d’Avaricum (Bourges), mais subissant un coûteux revers à Gergovie (peut-être près de Clermont-Ferrand). Vercingétorix fut finalement défait et capturé à Alésia en 52. Malgré quelques rébellions sporadiques, le contrôle romain sur la Gaule ne fut plus sérieusement contesté par la suite.

Célèbre peinture de Lionel Royer réalisée en 1899 montrant Vercingétorix déposant ses armes aux pieds de César.
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